- Chauves-souris du Vieux-Nice empoisonnées par le plomb des peintures anciennes depuis 3 ans
- 28 Molosses niçoises actuellement en soins au centre de Saint-Cézaire-sur-Siagne
- Appel aux dons : 4 000 euros de grillons engloutis en 4 mois pour nourrir les chauves-souris
Les analyses ne mentent pas. Le coupable, c’est le plomb. Les colonies se logent dans les joints de dilatation des vieux immeubles, encore couverts de peinture au plomb. Bébés et mères absorbent l’intoxication par contact. Saturnisme aigu. Pour une chauve-souris d’une trentaine de grammes, c’est foudroyant.
À Saint-Cézaire-sur-Siagne, le centre de soins de la faune sauvage ne lâche pas. Nice-Matin raconte comment un protocole inédit y permet de sauver des dizaines de Molosses niçoises. 28 chauves-souris sont actuellement en soins.
« À l’issue du protocole que nous avons été les premiers à tester, on devrait bientôt pouvoir les relâcher », espère Natacha, soigneuse du centre. La facture est lourde : nourrissage à la main, deux personnes à temps plein cet été, et 4.000 euros de grillons engloutis en quatre mois. Le centre lance un appel aux dons.
Maintenant, l’histoire que tout Niçois devrait connaître. « Ratapignata », c’est tout simplement chauve-souris en niçois. Mais ce n’est pas qu’un mot. En 1875, lors du carnaval, un char défie l’aigle officiel de la ville. Quarante chauves-souris déploient leurs ailes noires sur un manoir en ruine. Le jury donne le second prix. Scandale. Le peuple niçois prend la ratapignata pour symbole de sa résistance.
L’opposition est presque philosophique. L’aigle rouge, c’est le pouvoir, le jour, la ville. La chauve-souris noire, c’est la nuit, les vallées, le peuple. C’est même de cette opposition, racontent les passionnés des Racines du Pays Niçois, que viennent les couleurs de l’OGC Nice. Le rouge et le noir. Aigle et ratapignata réunis sur un même maillot.
Et puis il y a le journal.La Ratapignata. Fondé en 1900 par Menica Rondelly, l’auteur de la chanson Nissa la Bella. Un hebdomadaire satirique, en niçois intégral. Il sort jusqu’en 1911. Le dernier grand journal écrit dans la langue du pays. Un siècle plus tard, la chauve-souris est toujours là, sur les vieilles façades. Mais elle a du plomb dans l’aile.
À lire aussi sur TBM06
- Vieux-Nice : un bourreau du XIXe siècle vous balade le 2 mai
- Vieux-Nice : un bourreau en costume raconte les secrets du quartier
- OGC Nice 1-1 Lens : un point précieux pour les Aiglons
- Reine, pissaladière, tradition : la Fête des Mai à Cimiez
