Nice : battu, Christian Estrosi quitte la vie politique locale

Christian Estrosi © Christian Estrosi
Dimanche 22 mars, 20h. Nice bascule. Éric Ciotti est élu maire avec plus de 48% des voix. Christian Estrosi a pris la parole depuis son QG. Et annoncé qu’il quitte la politique locale pour se consacrer « à de nouveaux défis ». 18 ans à la tête de Nice. Trois mandats. C’est terminé.
Des centaines de cérémonies, de crises, de polémiques. Et un dimanche soir pour tout éteindre. Le maire de Nice ne sera plus maire. Et il ne veut même pas siéger dans l’opposition.

La défaite
La remontada n’a pas eu lieu
Il y croyait. Vraiment. Au premier tour, 12 points d’écart avec Éric Ciotti. 30,92% contre 43,43%. Un gouffre. Mais Christian Estrosi avait un plan. Rassembler. Ratisser large. Faire le plein des voix de gauche, du centre, de tous ceux qui ne voulaient pas du RN à Nice.
Ça n’a pas marché.
Éric Ciotti l’emporte largement au second tour avec plus de 48% des voix. Le barrage républicain, qui fonctionne encore dans d’autres villes de France, s’est fracassé sur la colère niçoise.

L’allocution
« Avoir été votre maire fut l’honneur de ma vie »
Devant ses partisans, Christian Estrosi a pris la parole. Pas de colère. Pas de déni. De l’émotion. Et des mots choisis.
« Je vous avais promis une remontada. Nous en avons fait plus de la moitié, mais cela n’a pas été suffisant. »
Puis sa voix a changé. Le 14-Juillet 2016 est revenu. L’attentat. Les 86 morts sur la Promenade des Anglais. Cette nuit qui a changé Nice. Et lui avec.
« Cette cicatrice, je la ressentirai au plus profond de moi-même tout au long de ma vie. J’ai une pensée pour toutes les familles des victimes qui m’amène à ne pas avoir le droit de me plaindre. »
Le bilan, il le revendique. Sans hésiter.
« Qui peut dire que nous n’avons pas transformé Nice ? Qui peut nier le bond en avant ? On ne mesure pas un mandat au résultat d’un soir mais à l’empreinte qu’il laisse dans le cœur d’une ville. »

Le coup de griffe
« Le front républicain est mort ce soir à Nice »
Et puis la charge. Celle qu’on attendait. Le maire battu accuse la gauche d’avoir fait le jeu du RN en maintenant sa candidate au second tour. Juliette Chesnel-Le Roux, écologiste soutenue par le PS et le PC, avait refusé de se retirer malgré les appels.
« Cette campagne restera comme celle où la gauche a passé une alliance objective avec le RN. Le front républicain est mort ce soir à Nice. On se souviendra toujours qu’il est mort ici. »
Ambiance.
La sortie
« Vous allez vous emmerder »
En sortant de son QG, Estrosi est tombé sur les journalistes. Caméras. Micros. Le maire battu s’est retourné et a lâché :
« Vous ne m’aurez plus comme bouc-émissaire. Vous allez vous emmerder. »
La scène, captée par BFM TV, résume à elle seule l’état d’esprit du maire sortant : amer.

Le retrait
Il ne siègera pas
La vidéo de son départ :
C’est peut-être ça le plus surprenant. Christian Estrosi ne va pas jouer les chefs de l’opposition au conseil municipal. Pas de bras de fer avec son meilleur ennemi Éric Ciotti depuis les bancs d’en face. Pas de guérilla politique. Rien.
Il se retire. Complètement à Nice.
Christian Estrosi a dit vouloir se consacrer davantage à sa vie de famille et à de nouveaux défis.
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