Il y a quarante ans, une princesse de vingt ans enregistrait un disque en cachette de sa famille. Son tube « Ouragan » a balayé l’été 1986. Et aujourd’hui encore, dans les boîtes de Nice, le refrain repart.
Février 1986. Stéphanie de Monaco a vingt ans et un secret bien gardé. La fille de Grace Kelly enregistre un disque sans que le palais le sache. À Monaco, elle est encore mineure aux yeux de la loi. La production avance donc dans le plus grand silence, à Paris, fin 1985. Le disque ne sort que le jour de ses vingt et un ans, le premier février.
Cette chanson, personne n’en voulait. La mélodie de Romano Musumarra est d’abord refusée par Jeanne Mas, qui la trouve trop proche de son propre « Johnny, Johnny ». Sheila dit non. La toute première à poser sa voix dessus, sur une maquette, c’est Marie Léonor, qui en signe les paroles. Le label Carrère flaire le tube, mais cherche une vedette plus connue.
La vedette, ce sera une princesse. Et le résultat dépasse tout le monde. « Ouragan » grimpe en tête du Top 50 et y reste dix semaines. Près de deux millions d’exemplaires s’écoulent.
Pour conquérir l’étranger, Stéphanie réenregistre le titre en anglais, sous le nom « Irresistible ». Là, c’est le bide. Le monde anglophone reste de marbre.
Quarante ans plus tard, le paradoxe est savoureux : la version qui devait tout rafler à l’international, c’est celle qu’on entend encore résonner, certains soirs, sur les pistes des boîtes niçoises.

