Sur les remparts, ça mousse mauve. Une masse compacte de fleurs violettes plantée comme une moquette au pied des cactus. Les feuilles sont charnues, dodues, légèrement crénelées. Le pollen vole, les abeilles font la queue.
On s’approche. On respire. On recule, surpris. Ça sent quelque chose de connu. Thym, origan, oignon. Anchois, presque. Olive noire pas loin. La pissaladière n’est pas là, mais elle envoie déjà son CV.
On finit par lui demander son nom. Plectranthus neochilus, succulente sud-africaine cousine de la sauge. Une plante, importée donc, qui a décidé toute seule de sentir l’apéro méditerranéen.
On sait qu’elle résiste aux embruns, à la chaleur et qu’elle pousse vite. En gros, c’est la plante parfaite pour survivre à un été sur la Côte d’Azur sans finir en chips au mois d’août.
Mais le plus drôle reste quand même ce mélange totalement absurde entre une succulente venue d’Afrique du Sud et une odeur de pissaladière niçoise. Voilà comment la Côte d’Azur fonctionne depuis toujours : on importe un truc exotique, on le laisse cuire au soleil quelques années… et ça finit par sentir comme chez mémé un dimanche matin.
Cela dit, les touristes s’arrêtent pour faire une photo des fleurs violettes… puis repartent avec une envie soudaine de pissaladière. Le marketing sensoriel ultime.
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