Après l’affaire du botox à Nice, ce que vous devez savoir avant toute injection

Une femme de 25 ans est morte lundi à Nice après une injection dans un institut de beauté. Celle qui la piquait n’était pas médecin, et le salon n’avait aucune existence administrative. Voilà ce qu’il faut vérifier avant toute intervention.
À retenir
- Seul un médecin inscrit à l’Ordre peut injecter du botox ou de l’acide hyaluronique : ni esthéticienne, ni infirmière, même supervisée.
- Le nom du praticien se vérifie gratuitement dans l’annuaire public du Conseil national de l’Ordre des médecins, en moins d’une minute.
- À Nice, une femme de 25 ans est morte le 27 juillet après une injection dans un salon sans existence administrative ; l’Ordre a reçu 213 signalements d’actes esthétiques illégaux en 2025, contre 62 en 2022.
Lundi 27 juillet, une cliente de 25 ans pousse la porte d’un institut de l’ouest de Nice. Elle vient pour des injections de botox dans les fessiers. On lui injecte d’abord de la lidocaïne, un anesthésique. Malaise immédiat, arrêt cardio-respiratoire. Ni la femme qui l’a piquée ni les secours n’ont pu la ranimer.
Celle qui tenait la seringue n’a aucune formation, aucune autorisation, une activité non déclarée qui remonterait à 2022, selon le procureur de la République de Nice Damien Martinelli. L’institut, lui, n’apparaissait ni administrativement ni fiscalement, rapporte CNEWS. En garde à vue, la gérante a fini par reconnaître avoir elle aussi pratiqué des injections par le passé. Les deux femmes ont été mises en examen jeudi et écrouées.
La perquisition mène à trouver 1.500 euros en liquide, des médicaments, des seringues et des produits injectables « manifestement en provenance d’Asie » précise ICI Azur.
« Un problème de santé publique »
Le procureur insiste : l’affaire s’inscrit « dans un contexte de développement de ces activités illicites et dangereuses ». Rien qu’en juin, son parquet avait traité deux dossiers d’injections clandestines. Trois personnes ont écopé de 12 à 18 mois de sursis probatoire, une quatrième attend son procès. En France, l’Ordre des médecins a reçu 213 signalements d’actes esthétiques illégaux en 2025, contre 62 en 2022.
Le docteur Eric Essayagh, médecin esthétique à Nice parle d’« une urgence de santé publique ». Selon lui, « plus de 40 % des injections esthétiques sont réalisées en dehors du cadre médical, dans des appartements, des instituts ou des lieux qui échappent à tout contrôle ». Quatre seringues sur dix, donc, sans filet.
Le 30 juillet, il a repris la parole en vidéo sur le compte du magazine spécialisé Anti-Âge Magazine. Son intervention arrive après un deuxième décès en quatre mois lié à des injections réalisées hors du cadre médical, selon le Cercle des bonnes pratiques, dont il est cofondateur.
Voir l’intervention du docteur Eric Essayagh sur Instagram
Une injection, c’est un acte médical. Rien d’autre
Injecter du botox ou de l’acide hyaluronique est un acte médical. Seul un médecin inscrit à l’Ordre a le droit de le pratiquer : dermatologue, chirurgien plasticien, médecin esthétique. Une esthéticienne, jamais. Une infirmière non plus : l’Ordre national des infirmiers l’a redit en janvier, même sous la supervision d’un médecin.
Le réflexe qui prend une minute : chercher le nom dans l’annuaire
Avant le rendez-vous, tapez le nom et le prénom de la personne dans l’annuaire public de l’Ordre des médecins. S’il n’y figure pas, ce n’est pas un médecin, quelles que soient les photos avant-après sur son compte. La recherche est gratuite, publique et prend moins de temps qu’un scroll matinal.
Les signaux qui doivent vous faire sortir du salon
Un tarif deux fois moins cher qu’ailleurs. Un rendez-vous calé en message privé sur Instagram. Un paiement en espèces, sans facture. Une piqûre entre deux poses d’ongles, dans un appartement ou une chambre d’hôtel. Aucune consultation préalable, aucune question sur vos allergies ni vos traitements. Une praticienne qui « passe » dans votre ville pour deux jours. Chacun de ces signaux suffit à se lever et partir.
Vous avez déjà été piqué par quelqu’un qui n’était pas médecin ?
Ne restez pas dessus. Consultez un vrai médecin, même sans symptôme : certaines complications apparaissent plusieurs jours après l’injection. Gardez les traces, les messages, les reçus, les photos. Et signalez la pratique à l’ARS Paca ou au commissariat. C’est exactement ce genre de signalement qui a permis les deux procédures niçoises de juin, avant celle-là.
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Questions fréquentes
Qui a le droit d’injecter du botox en France ?
Uniquement un médecin inscrit au tableau de l’Ordre : dermatologue, chirurgien plasticien, médecin esthétique. Ni une esthéticienne, ni une infirmière, même sous la supervision d’un médecin.
Comment vérifier que la personne qui m’injecte est bien médecin ?
En cherchant son nom dans l’annuaire public du Conseil national de l’Ordre des médecins, rubrique « Trouver un médecin ». C’est gratuit et ça prend moins d’une minute. S’il n’y figure pas, ce n’est pas un médecin.
J’ai déjà été piqué hors cadre médical, que faire ?
Consultez un médecin même sans symptôme, certaines complications arrivent plusieurs jours après. Conservez messages, reçus et photos, puis signalez la pratique à l’ARS Paca ou au commissariat. L’exercice illégal de la médecine est puni de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.
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