Anaïs revenait du Sénégal. Elle était partie le 15 avril retrouver ses grands-parents. Sur le vol retour vers Rome, à plus d’une heure de vol, deux appels résonnent dans la cabine : « Un médecin est-il présent parmi les passagers ? »
Elle hésite, puis se signale. « Je ne suis pas médecin, je suis infirmière. Si je peux aider… » La chef de cabine l’emmène derrière un rideau. Une femme est allongée au sol, enceinte de sept mois, elle a perdu les eaux. Anaïs sent la tête du bébé. « C’est maintenant, il arrive. »
Le bébé naît dans ses mains. Il ne pleure pas. Difficultés respiratoires. Pour tout matériel : des gants, une pince, un ciseau. Anaïs stimule le nourrisson et pratique des gestes de réanimation. « Je lui ai donné mon souffle », raconte-t-elle dans son témoignage. Quelques secondes plus tard, un cri retentit dans la cabine.
Le commandant a fait demi-tour. Quarante-cinq minutes encore avant Dakar. Anaïs clampe le cordon, accompagne la délivrance, veille mère et enfant jusqu’à l’atterrissage. Les équipes médicales prennent le relais sur le tarmac. Le bébé s’appelle Mohamed. Il est aujourd’hui en couveuse, sous assistance respiratoire. Il va bien. Sa mère aussi.
« Je ne suis pas médecin. Je suis « juste » infirmière. Mais cette nuit-là, j’étais exactement là où je devais être. »
Anaïs a 29 ans. Elle ne s’attendait pas à atterrir héroïne.
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